Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes
apportés par I’alimentation
 
   
 
   

Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes
apportés par I’alimentation

Communiqué de presse


L’Afssa, en relation étroite avec l’Afssaps, à évalué Ia sécurité et les bénéfices pour Ia sante des phyto-estrogénes. Le terme de <phyto-estrogènes>> regroupe plusieurs molecules issues du monde végétal, de structures différentes mais présentant une similarité avec Ia structure de l’estradiol (I’une des hormones sexuelies majeures). À priori, cette similarité structurale leur donne Ia possibilité d’exercer un effet estrogénique sur les tissus cibles. De fait, les phyto-estrogènes sont associés à une image ambigue, Iiée tant à I’étude de leurs effets délétéres (notamment par leur appartenance au grand groupe des << perturbateurs endocriniens >>), que de leurs effets bénefiques (notamment par les observations d’épidémiologie analytique menées en Asie). Le travail d’expertise à été réalisé sur Ia base de Ia littérature scientifique et l’audition d’experts et d’industriels des secteurs concernés. Plus de 1500 etudes scientifiques publiées et vaiidées ant ainsi été analysées.

L’identification de ces molecules repose sur leur capacité à presenter chez l’animal des effets de type estrogénique à travers Ia liaison aux récepteurs de f’estradiol. Cependant les caractéristiques de cette fixation et les effets qu’elle entralne présentent certaines differences avec l’estradiol.

Les phyto-estrogénes sont presents dans des denrées alimentaires variées: Is sont naturellement presents dans certains aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants préparés à base de protéines de soja, et dans les aliments à base de soja (tofu, tonyu ou << jus >> de soja, desserts à base de soja). Ils sont volontairement concentrés par es industriels dans les complements alimentaires visant les femmes ménopausées. Au delà de Ia presence commune de phytoestrogènes, chacune de ces catégones d’aliments posséde sa problematique propre: le soja constitue un aliment intéressant sur le plan nutntionnel en dehors de Ia problématique des phytoestrogénes, tandis que les complements alimentaires doivent être considérés au regard de leur usage frontière entre aliment et médicament.

Six families de molecules pouvant prétendre à l’appellation < phyto-estrogenes en alimentaire ant été identifiées. Cette identification ne préjuge pas des effets de chacun des phyto-estrogènes sur des états physiopathologiques spécifiques. En fait, les données de Ia littérature concernent essentiellement une seule de ces families, celle des isoflavones, molecules présentes en grande quantité dans le soja. Dans un régime occidental traditionnel, n’incluant donc pas le soja, l’apport journalier moyen en isoflavones dites aglycones> est trés faible, inférieur à i mg/j. L’introduction mesurée d’aliments à base de soja dans un régime occidental augmente cet apport de 1000 à 10 000 fois, tout en restant inférieur à celui des asiatiques. Dans ie cas de pnse de complements alimentaires, l’apport peut Otre aussi important qu’en Asie, il pourrait tendre à le dépasser.

La consommation de phyto-estrogènes ne peut-être considérée anodine à priori, puisqu’ils interfèrent avec le système hormonal, et mérite donc examen. Sur Ia base des etudes de sécurité, il à pu être estimé que:
- l’apport de 1 mg/kg de poids corporel/j d’isoflavones aglycones (soit 60 mg pour un individu pesant 60 kg) ne presente pas de risque pour Ia population genérale, des precautions particuliéres doivent être prises chez certains consommateurs: o pour les nourrissons et les jeunes enfants consommant des preparations à base de protéines de soja, il est recommandé de limiter I’apport en phyto-estrogénes à 1 mg/L de preparation reconstituee. De même, il faut veiller à limiter ‘exposition in utero et neo-natale o les personnes présentant un cancer du sein ou des antécédents personnels ou dans leur famille devraient limiter leur apport en phyto-estrogénes.

Par ailleurs, comme cela à été montré chez l’enfant, Ia consommation de phyto-estrogènes peut augmenter les besoins en hormones thyroIdiennes chez Ies patients hypotyroidiens traités.

En comparaison aux effets associés au traitement hormonal substitutif de Ia menopause (THS):

• Les etudes concernant les phyto-estrogènes ne permettent pas à ce jour d’établir un effet des phyto-estrogènes sur les bouffées de chaleur.

• Les isoflavones pourraient avoir un effet limité sur I’ostéoporose et Ia perte des fonctions cognitives. Cependant, ces effets nécessitent d’être confirmés par des etudes cliniques bien menées.

• Les données disponibles à ce jour montrent que les phyto-estrogènes ne sont pas associés à une augmentation du risque de cancer du sein chez Ia femme. Chez les Asiatiques, ce risque est diminué. Mais les differences importantes qui existent entre Asiatiques et Occidentales, excluent Ia possibilité d’une transposition des effets.

Au vu de ces données, d’autres etudes réalisées avec une méthodologie adequate doivent venir completer l’ensemble des données disponibles, et les phyto-estrogènes doivent encore rigoureusement prouver leur place dans Ia prevention ou Ia pnse en charge des troubles lies à Ia menopause.

Enfin sur le plan cardio-vasculaire, les isoflavones aglycones de soja ant un effet bénéfique sur le tonus des vaisseaux sanguins (vasotonicité) à partir de 45 mg/j mais des effets délétéres pourraient se produire à partir de 73mg/j.

Des recommandations de recherche, de sante publique et d’information du consommateur sont émises.

Le rapport <Socurito et bonéfices des phyto-estrogènes apportés par I’alimentation —Recommandations> est rendu public ce 9 mars 2005. À cette occasion, ses conclusions, élaborées en lien avec i’Afssaps, seront présentées et discutées à 14h00, à I’Afssa lors d’une reunion d’échanges et d’information, en presence du Dr. Mariette Gerber, présidente du groupe de travail et des experts membres de ce groupe.

Le rapport integral et sa synthèse sont téléchargeables sur le site internet www.afssa.fr

Contact presse:

Afssa : 01 497726 02
Afssaps : 01 5587 30 33

Présentation du rapport sur "Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l'alimentation - Recommandations (9 mars 2005)